Etude de Brigitte Suder: "Les communistes genevois, Léon Nicole et le Komintern dans les années trente".

La suite dans: 1930 Le parti socialiste de Genève, larbin de Staline, cachait la vérité sur l'URSS, se faisant ainsi le complice de la terreur: Nicole agent du Komintern


Page 1: La section genevoise de la section suisse de l'Internationale communiste «ne compte qu'une soixantaine de membres, contre un millier d'adhérents socialistes. Sur le plan électoral, les résultats des communistes genevois sont aussi insignifiants que leurs effectifs.»

Page 2: En moyenne 1922-1935: 260 votes moins les 60 membres du PCS, reste 200! Seule une aide financière et en personnel peuvent expliquer la surinfluence de ce groupuscule, celle de l'URSS!

Page 3: Sur Nicole: «Fait peu connu, mais significatif: au moment de quitter le Conseil d'Etat, il emporte de nombeux dossiers du Département de justice et police qui pourraient nuir à ses coreligionnaires» DONT DES DOSSIERS SUR LE 9 NOVEMBRE 1932!!! Une partie de ces documents ont été reçues par les Archives d'Etat en 2009!!! […] «Idéalisme donc, mais une certaine vanité, deux traits de caractères dont sauront user avec profit

Page 4: «L'année 1932: le raprochement manqué [entre Nicole et le PCS]»

Page 5: Et plus de contacts d'émissaires du Komintern, Nicole reçoit Gertrude Dübi, sympathisante, en fait un agent du Komintern qui use de nombreuses femmes pour séduire et attirer. […] Au printemps, Nicole crée les "Amis de la Russie soviétique", ce qui enrage le PCS qui veut garder son monopole. Cette compétition entraînera des conflits incessants pour le contrôle de cette association.

Page 6: Bisbilles entre Nicole et Humbert-Droz, humilié par Moscou. […] Brigitte Studer parle de "l'incohérence foncière de la politique du Komintern envers le socialisme européen", ce qui est totalement faux. Le Komintern mène une stratégie de dénonciation haineuse contre les "chefs réformistes" qualifiés de sociaux-fascistes, tout en courtisant certains d'entre eux. Le but est de rallier certains leaders social-démocrates et les "bons" ouvriers, ceux qui ont un sentiment de classe afin que les partis et syndicats tombent sous la coupe du Komitern, c'est-à-dire de Staline. Que cette stratégie fasse la courte échelle à Hitler dans sa conquête du pourvoir en Allemagne, peu importe, et ce n'est pas nouveau, la même politique a déjà servi Mussolini en 1921-22. Pendant que le PSI et le nouveau PCI se bouffaient le foie, l'ancien socialiste Benito marche sur Rome et rafle la mise. Staline reproduit la même politique désastreuse que Lénine.

Page 7: Jules Humbert-Droz, suite à sa révolte contre la traitement de faveur que Nicole reçoit du Komintern, ce dernier se fait taper sur les doigts avant d'être condamné par le 12e plénum d'août 1932 pour "déviation". Des milliers ont été fusillé pour moins que ça! Sa proposition de faire manifester ensemble, PCS et le PSG, à l'occasion du 1er août 1932 est bloquée par "Alex", pseudo pour Alexandre Simon Grünbaum se faisant appeler Sändor Nögradi, le vrai chef du PCS, organisation au service de Staline et certainement pas à celui des ouvriers suisses. […] La condamnation d'Humbert-Droz tombe durant le projet de Willy Münzenberg, autre agent du Komintern, chargé d'organiser un "Congrès international de guerre contre la guerre" pour disqualifier la Conférence sur le Désarment qui se tient depuis février 1932 à Genève. A signaler que ce "Congrès international de guerre contre la guerre" a comme deuxième objectif de montrer l'inutilité et l'incompétence de la Société des Nations dont est membre l'Allemagne et pas l'URSS. Mais, l'Allemagne sort de la SdN en octobre 1933 et Staline fait alors un changement à 180 degré: dès ce moment, l'URSS fera des pieds et des mains pour devenir membre de la Société des Nations, objectif atteint en novembre 1934, en dépit de l'opposition de la Suisse et de 2 autres pays. A signaler le courageux et lucide discours du conseiller fédéral G. Motta. Quant au pays de la paix, l'URSS !!!, elle.sera exclue de la Société des Nations le 14 décembre 1939, cinq ans après son adhésion non pour avoir le pacte germano-soviétique, acte de déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, ni pour son agression contre la Pologne le 17 septembre 19139, mais suite à l'attaque contre la Finlande.

La même histoire pour Marcel Doriot en France, au même moment et où le vrai chef de la SFIC (PCF) est Eugen Fried. Maurice Thorez, n'était qu'un pantin! Il y a toujours une direction officielle cachant une occulte. Le communisme, la tromperie à tous les étages!

Page 8: Le colonel Odier agit pour faire interdire la manifestation conjointe prévue le 1er août et le Conseil d'Etat l'interdira. Plus intéressant, le point de Ernest-Paul Graber qui, dans la La Sentinelle du 22 juillet 1932, remarque que "les communistes empoisonnent toutes les grandes causes dans le seul dessin d'obtenir des possibilités d'atteindre les forces socialistes". UN DES RARES SOCIAL-DEMOCRATES A AVOIR COMPRIS LE DANGER! […] Malgré l'interdiction de se rendre au Congrès par le PSS, Nicole, flatté par l'invitation qui fait plaisir à sa vanité, victime consentante de l'opération de séduction organisée spécialement à son sujet par le Komintern (cigarettes, whisky et Gertude Duby), publie le 25 août 1932 "En route pour Amsterdam".

Page 9: Le double jeu: d'un côté, le Komintern flatte Nicole et le PCS l'insulte, le traitant de social-traître! Tout cela n'empêche pas Nicole d'intervenir, suite à la demande d'Henri Barbusse, en faveur d'un couple de Suisses (Rüegg) emprisonnés à Shangaï. En fait deux agents du Komintern usant de passeports de Suisses ayant été en URSS et qui y ont perdu leur papier d'identité. Les "Rüegg", des agents importants du Komintern pour que Barbusse, Vincent, Nicole qui écrit à Motta, et d'autres, remuent ciel et terre!

Page 10: Le 9 novembre 1932, dans la nuit suivant le drame, Tronchet, Lebet et Nicole à son domicile, décident d'appeler à une grève générale de protestation (ils ne réclament pas le châtiment des coupables, car ce sont eux-mêmes!). Le jeudi 10, le PSG décide de n'appeler qu'à une journée de deuil et l'Union syndicale, normalement sous la coupe du PSG, une grève de 24 heures seulement.

Page 11: Le PCS clame "c'est nous les meilleurs" mais, "Alex = Alexandre Simon Grünbaum" qui se trouvent comme par hasard en Suisse et le WEB qui envoient depuis Berlin deux pontes "Friedrich" et "Rädel", avec en plus, le chef, "Magnus = Richard Gyptner) qui n'est pas content du tout. «Le mot d'ordre de "grève de protestation pour samedi" est complétment insuffisant […] le parti ne s'est pas encore débarrassé du fonctionnement "opportuniste" de Jules Humbert-Droz, […] écarté depuis septembre de la responsabilité nationale». A noter que ces gens-là se fichent pas mal des 13 morts et des 60 blessés!

Page 12: «Le 13 novembre, la commission politique du secrétariat politique du comité exécutif (le saint des saints juste en dessous de dieu, Staline) instruit la SSIC dans un télégramme (transmis pas les PTT?) formulé par G. Smoljanslij qu'un de ses principaux devoirs est de démasquer Léon Nicole et la social-démocratie.» Pour le faire craquer et choisir entre Staline et le PSS! Directive pour Jules Humbert-Droz, envoyé spécial du secrétariat du PCS, avec le secrétaire des JC, Xavier Widmer, Sûr que, désormais, Jules Humbert-Droz va obéir au doigt et à l'oeil de Moscou. Ce dernier, avec Emil Arnold et Marino Bodenmann devront subir une autocritique publique. Le but, faire des 4 agents et de leurs subordonnés, des carpettes à Staline ou des "hommes nouveaux style soviétique", c'est-à-dire des moutons terrorisés.

Brigitte Studer révèle alors pourquoi il faut, coûte que coûte, neutraliser Nicole ce qui signifie: soit il devient un agent docile du Komintern, soit il est dénoncé jusqu'à son élimination politique comme social-fasciste, car il reste un danger pour le mouvement révolutionnaire, sa position "de gauche" empêchant la formation d'un parti communiste fort à Genève.

Page 13: «Nicole, tendanciellement en rupture avec son parti, représente la brèche qui permettra de briser les rangs socialistes.» C'est tellement vrai que le PSS attendra son adhésion enthousiaste au pacte Hitler-Staline pour l'exclure avec les autres laquais du "grand bourreau des peuples"!

Le rapport de "Magnus = ?" du 18 novembre affirmant que le PCS avait compris et rectifié ses erreurs, a-t-il été traduit en français?

Page 14: 9 novembre 1932, les communistes genevois en dessous de tout selon le Komintern. Ils se sont faits sonner les cloches et désormais, Humbert-Droz, sera une vraie carpette stalinienne, sa Jenny étant au paradis des travailleurs. Il attendra que le chef les (Jules et Jenny) autorise à rentrer en Suisse, plus tard, au début de la Grande terreur. Dommage!

1933-36: contre le "gouvernement Nicole". […] A signaler, l'article de Humbert-Droz dans le Kämpfer du 29 décembre 1934: "Comment Nicole conduit la politique des banquiers".

Page 15: Le PCS joue la surenchère pour dénoncer Nicole, le social-fasciste! A trouver: "annuaire de la trahison", DR du 14 octobre 1933.

Page 16: Attaques à outrance contre Nicole et le PSG qui a autorisé l'exposition antisoviétique “Entente internationale contre la IIIe Internationale” de Théodore Aubert.

Brigitte Studer révèle que Nicole, dès 1934, ouvre les colonnes du Travail aux communistes et refuse de transmettre à Berne les rapports sur les activités subversives à Genève. Et c'est à titre de ministre du gouvernement genevois, le Conseil d'Etat, que Léon Nicole protège les communistes: un vrai traître à la Suisse et un vrai laquet de Staline.

Page 17: Au 8e plénum du CC du PCS (février 1934), résolution sur la "lutte contre la social-démocratie" et contre les "tendances conciliatrices avec Nicole du PCG.»

Jean Vincent déclare hérétique à Humbert-Droz le changement de ligne du VIIe Congrès de l'Internationale communiste prônant l'alliance avec les sociaux-fascistes de la social-démocratie. Ce bref instant de lucidité et d'honnêteté bien vite oublié, Jean Vincent, pourtant bien à l'abri dans la démocratie fasciste suisse, reprend ses mensonges habituels pour bourrer le crâne des idiots utiles!

Page 18: Apparentement pour les élections nationales d'octobre 1935, comme en 2007! La liste commune du PCG et du PCS aux élections communales des 7 et 8 novembre 1936 permet l'élection de 2 communistes: Jean Vincent et Albert Pons. Magnifique, alors que la Grande terreur s'enclenche en URSS, que la collectivisation (1930-31) et la famine-génocide (1932-33) a liquidé plus de 12 millions d'innocents (4 fois la population de la Suisse de l'époque), le PSG ouvre ses bras solidaires à ces collabos de l'horreur que sont les communistes suisses, les soviétiques en étant les pourvoyeurs. Tout cela au nom des pauvres ouvriers de l'industrie et des campagnes qui crèvent en URSS. Le PSG tout autant complice de ces horreurs commises à une échelle et à un rythme industriel!

Mais le pire va arriver: «Mais le pas déterminant - l'entrée collective des communistes dans le PSG est provoquée par les mesures répressives qui s'expriment plus particulièrement dans les cantons romands et qui aboutissent, à Genève, à l'interdiction des organisations communistes, le 13 juin 1937, lorsque les citoyens acceptent par 18'337 oui contre 12'092 non la loi du 7 avril 1937. […] En note: Jean Vincent et Albert Pons continuèrent à siéger au parlement (Grand Conseil), leur demande d'adhésion au PSG ayant été acceptée!

Page 19: Le Komintern a donné son accord à l'adhésion de Jean Vincent et Albert Pons au PSG. «Et, en 1938, les communistes sont même "officiellement chargés du travail de formation politique au sein du PSG".» […] Lorsque Nicole propose à Jean Vincent que le PC (dissous, il faut le rappeler!) adhère en bloc au parti socialiste en cas d'interdiction, il lui garantit toute liberté pour rassembler ses membres à l'intérieur du PS [G], autrement dit à fonctionner en tant que fraction communiste. Il s'agit précisément de la clause que le Komintern met à son consentement pour cette adhésion.» […] Face au PSS, en revanche, Nicole lui-même nie toute intelligence des communistes entrés au PS avec leur ancien parti ou l'Internationale.»

Page 20: Brigitte Suder évoque le rôle, durant l'hiver 1937, de Karl Hofmaier, membre du secrétariat national du PCS, dans la soumission de Nicole au Komintern. En récompense, Léon Nicole ira à Moscou au printemps 1939. Connaissant son caractère vaniteux, pour flatter leur laquais, en plus de la visite "poudre aux yeux", Nicole sera reçu, comme un chef d'état, par Dimitrov et Manuilski. A son retour, il publie "Mon voyage en URSS". Dommage qu'il n'ait pas rencontré Fritz Plattner, attendant dans sa cellule, la balle dans la nuque salvatrice qu'il recevra, par bonté de Staline, en 1942, 5 ans après sa compagne. Quand des gens ont été aveuglés, trompés et avilis par le communisme auquel ils ont adhérés librement, il n'y a plus d'espoir qu'ils retrouvent un jour un minimum de dignité humaine! Ils sont condamnés à marmonner leurs mensonges, leurs turpitudes pour cacher leur désespoir et leur dégoût d'eux-mêmes!

Page 21: Et pour finir, le récit de cette longue déchéance: les louanges de Léon Nicole au pacte germano-soviétique, le sommet de l'abjection et l'imposture de l'antifascisme prostalinien.

Léon Nicole, exclu du PSS en novembre 1939, poursuit sa marche dans l'abjection en soutenant l'agression soviétique contre la Finlande!

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