In memoriam: 30 novembre 1939 - 30 novembre 2009

L'agression soviétique contre la Finlande

L'URSS attaque la Finlande, le 30 novembre 1939, sans même lui avoir déclaré la guerre ...
Finlande: 4 millions d'habitants; URSS: 170 millions d'habitants!

Hitler avait prétexté une attaque polonaise pour soi-disant justifier celle de l'Allemagne, et Staline fait de même pour la Finlande: des obus finlandais auraient tué plusieurs militaires russes à Mainila, petite ville située sur l’isthme de Carélie, du côté soviétique. Le “pays de la paix” selon la propagande soviétique véhiculée par des centaines de journaux, des milliers d'agents payés ou bénévoles et des millions d'“idiots utiles”, après avoir envahi la Pologne orientale, la Galicie, la Moldavie et la Bessarabie, tente de coloniser la Finlande.

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Derrière le masque de la colombe de la paix contre les Finlandais avec des tanks de 72 t

Lettre de R. Holsti, délégué permanent de la Finlande près la Société des Nations, à M. Avenol, Secrétaire général de la Société des Nations, 3 décembre 1939. L'URSS, avec laquelle la Finlande a entretenu depuis la signature du Traité de paix à Tartu, en 1920, des relations de bon voisinage et signé un pacte de non-agression qui ne devait expirer qu'en 1945, a attaqué inopinément, dans la matinée du 30 novembre dernier, non seulement des positions frontières, mais aussi des villes ouvertes finlandaises, répandant la mort et la désolation parmi la population civile, notamment par des attaques aériennes.

Rapport de Société des Nations du 14 décembre 1939 sur l'agression de la Finlande par l'URSS. Le 14 décembre 1939, l'Assemblée de la Société des Nations informe le Conseil qu'en dépis du Traité de non-agression conclu par l'URSS en 1932 avec la Finlande et qui devait rester en vigueur jusqu'à la fin de 1945, l'URSS poursuit son agression et demande qu'elle soit exclue de la Société des Nations; ce qui fut fait le même jour.

URSS attaque Finlande 1939 Soi-disant pour tenir sa parole, la France et la Grande Bretagne déclare la guerre à l'Allemagne dans les heures qui suivent l'agression de Hitler contre la Pologne. Mais, quand le 17 septembre 1939, l'armée rouge agresse à son tour la Pologne meurtrie par les troupes allemandes, la France et la Grande Bretagne ne déclare pas la guerre au compère de Hitler, Staline. C'est donc avec la complicité des démocraties, que l'Union soviétique va avaler les territoires que le pacte Hitler-Staline lui a attribués. Evidemment, l'avis des peuples habitant ces territoires sera non seulement méprisés, mais le NKVD va faire régner immédiatement la terreur par des arrestations massives, des déportations de plus d'un million d'individus, la torture et les exécutions en masse. Avec en plus le bourrage de crânes habituel sur le parti des ouvriers et des paysans!

Encouragé par la complicité des démocraties, alors que commence ce qui sera qualifié de manière curieuse de “drôle de guerre” à l'ouest, Staline en profite pour tenter d'avaler la Finlande. Mais ce pays, d'une grande étendue, mais peu peuplé va donner du fil à retordre au “pays de la paix”, l'URSS, un des axes principaux de la propagande soviétique, faire croire que l'Union soviétique défend la paix. Des milliers d'associations dont la Ligue des Droits de l'Homme, les "Amis de l'Union soviétique", et d'autres plus ou moins manipulées par le Komintern dont les partis communistes, des millions d'individus se disant pacifistes comme Romain Rolland, croient et font croire en dépis de la réalité. Car, en signant le pacte germano-soviétique, Staline déclenche la Seconde Guerre mondiale et en porte la responsabilité autant que son compère Hitler. Enfin des millions d'“idiots utiles” ouvrent les yeux sur la vraie nature de l'Union soviétique, état impérialiste et prison des peuples, mais il en reste encore d'autres millions. La propagande soviétique lui permet d'avancer masqué et surtout de dissimuler la misère et la terreur que subissent ouvriers et paysans, les autres, nobles, bourgeois, petits-bourgeois, artisans, ayant été forcés à l'exil, une petite minorité, qui échappa seule à la liquidation physique.

Après avoir occupé l'est de la Pologne, l'URSS force les républiques Baltes à signer des pactes d’“assistance mutuelle”, les 28 septembre et 11 octobre 1939, l'autorisant à installer des bases sur leur territoire, les Etats baltes phagocités, l'URSS continue avec la Finlande alors que les traités de Tarto (1920) et celui de non-agression, signé en 1932 et valable jusqu’en 1945, règlent les rapports entre les deux pays. En même temps que se déroulaient des négociations commencées le 12 octobre, l'URSS mettait sur pied « gouvernement populaire finlandais », composé de communistes exilés et de Finlandais d’URSS pour former une « armée populaire finlandaise ». Ce gouvernement fantôche de Kuusinen servit le 3 décembre quand le vrai gouvernement dénonça l'agression soviétique à la SdN (Société des Nations, remplacée ensuite par l'ONU), plainte déniée par l'URSS affirmant que le gouvernement de Kuusinen était le gouvernement légal de la Finlande. Le 14 décembre 1939, la manoeuvre soviétique échoua et la SDN expulsa non seulement l’URSS mais demanda à ses membres d’aider la Finlande. Hitler, loyal avec Staline, fit tout pour empêcher l'acheminement de l'aide y compris celle de l'Italie de Mussolini!

Décembre 1939 et janvier 1940: les 9 divisions finlandaises infligent, défaites sur défaites, au 180 divisions soviétiques: La bataille de Tolwajaervi, Partout les Rouges sont repoussés, La France doit aider les Finlandais et rompre avec l'URSS, L'oeil de Moscou en Suède, Les merveilleux armements soviétiques, La résistance de la Finlande, Troubles en URSS?

URSS attaque Finlande 1939 URSS attaque Finlande 1939
Journal de Genève, 5 janvier 1940
Journal de Genève, 13 janvier 1940

Le 3 janvier 1940, J. M. dans un article du Journal de Genève intitulé Croisade antisoviétique conclut justement en écrivant que: “L'idée fausse et dangereuse, qu'il faut ménager Staline afin de mieux abattre Hitler, a fait son temps. Tôt ou tard, pour le repos de l'Europe, il faudra en découdre avec l'URSS. Convient-il d'attendre que les Finlandais succombent sous le poids du nombre et que les bolcheviks puissent ainsi transporter toutes leurs forces ailleurs?” [C'EST EXACTEMENT CE QUI VA SE PRODUIRE, LA FIN DE L'HIVER SONNE LE GLAS DE L'HEROIQUE PEUPLE FINLANDAIS]

La France et la Grande Bretagne vont-elles rompre avec l'URSS? Tergiversations, belles promesses, bla-bla-bla, la France et la Grande Bretagne abandonnent la Finlande. Fin décembre 1939, la Société des Nations expulse l'URSS et appel à l'aide pour la Finlande

La France doit rompre avec l'URSS
“Dans un article très remarqué, le Temps réclame une fois de plus samedi soir avec énergie la rupture avec l'URSS. "Les valeurs morales que nous défendons, écrit-il, Moscou les combat. Les peuples dont la liberté nous importe autant que la nôtre, Moscou les asservit ou cherche à les asservir. Le droit des nations, la foi jurée des traités, jusquà cette pudeur élémentaire qui s'oppose d'elle-même aux abus de la force et aux excès de la violence. Moscou les bafoue, aors que nous npavons pas hésité à subir une guerre pour en imposer le respect… Pourquoi, dans ces conditions, s'obstiner à une fiction que l'èvidence fait apparaître comme un mensonge?

10 janvier 1940: Le désastre soviétique à Raate. La 44e division soviétique, anéantie à Raate par les troupes finladaises après deux jours de vifs combats, était une division de renfort. Avec un matériel renforcé, elle se dirigeait le long de la route qui conduit de la frontière soviétique à Snomosalmi, au secours de la division rouge dispersée au cours de la bataille de la dernière semaine de décembre.

10 janvier 1940: Le courant antisoviétique emporte les uns après les autres les obstacles accumulés sur sa route. Ce que n'avaient pu faire les massacres perpétrés à l'intérieur de l'URSS: ouvrir les yeux des utopistes, la magnifique résistance des Finlandais l'a réalisé. En Suisse, le soutien à la petite Finlande agressée par l'ogre soviétique s'organise. L'“Entente anti-komintern” dénonce l'URSS, état impérialiste et la Croix-Rouge commence une collecte. Sauf la gauche, en particulier Léon Nicole et ses nombreux soutiens dans diverses sections du parti socialiste suisse (Genève, Vaud, Neuchâtel) continuent à soutenir l'URSS de Staline en dépis du pacte germano-soviétique qui déclencha la Seconde Guerre mondiale.

11 janvier 1940: Les rouges ont été repoussés sur quatre points. Sur le champ de bataille de Raate, des traîneaux blindés munis d'une hélice. Du matériel italien arrêté par les Allemands. 50'000 tonnes de froment argentin pour la Finlande. Il faut que le monde fasse corps avec la Finlande

12 janvier 1940: Une offensive soviétique repoussée. Pour équiper l'armée finlandaise. Situation alarmante de l'aviation soviétique: Au début du conflit, les Soviets avaient mis en ligne 1000 avions contre la Finlande et concentré de gros dépôts de carburant et de munition. Sur 1000 avions, 450 d'ailleurs d'origine étrangères (?) […] 170 abattus

Vague de froid sur l'Europe

13 janvier 1940: La guerre en Finlande. Communiqué finlandais. La garde soviétique en action: Dans la région au nord-ouest de la Finlande, les Soviets ont utilisé au cours des combats qui se terminèrent à l'avantage des Finnois, entre Raate et Smomosalmi, des troupes particulièrement bien équipées. Les milieux militaires finlandais sont d'avis que ces soldats font partie normalement des corps de la Guépéou et de la police soviétique.

Il faut secourir les Finlandais. La volonté de secourir la Finlande s'affirme de plus en plus. Ainsi, dans son bulletin du jour, le Temps, écrit ce soir: Le devoir d'assistance à la Finlande s'impose de plus en plus à tous les esprits honnêtes qui se rendent compte que, sur le plan, moral, comme sur le plan politique, le salut du peuple finnois est lié au salut même de l'Europe.

Le même jour. Fonds soviétiques saisis en France. 75 millions de francs. En compensation des biens de la société française des pétroles de Malopolska

6'700 bombes russes sur les villes finlandaises

Picasso va peintre un tableau pour protester contre ces crimes de guerre comme le tableau de Guernica! Cela ne se fera pas parce que depuis 1937, Picasso est devenu le larbin de Staline et ignore les millions de crimes de son idole dont il se fait complice!

Le Journal de Genève, le 23 janvier 1940

Helsinki sous les bombes rouges

La légation américaine détruite par les bombes soviétiques

Le Journal de Genève, le 15 janvier 1940

Journée tragique en Finlande

400 avions russes bombardèrent la Finlande

Encore des bombes sur les villes

Le Journal de Genève, le 16 janvier 1940

URSS attaque Finlande 1939 Malgré les attaques russes
la ligne Mannerheim tient toujours

L'armée russe a perdu 90'000 hommes
… tués, blessés grièvement ou gelés. Le 50% du matériel s'est montré inefficace. Il a fallu à trois reprises changer les chefs sur le front russe. Les commissaires politiques sont l'objet de la haine générale. La situation économique s'est aggravée au point que les livraisons vers l'Allemagne ont diminué dans des proportions notables et que la pénurie de produits alimentaires se fait cruellement sentir à Léningrad…

Journal de Genève, 27 janvier 1940

A gauche: A propos du décès de Motta, la neutralité suisse put être sauvegardée!

La paix imposée à la Finlande

A la Diète de Finlande

M. Tanner dit pourquoi les conditions ont été acceptées

“Les conditions soviétiques étaient plus dures et plus étendues que ne l'étaient les résultats obtenus par l'armée soviétique sur le terrain. L'intérêt général du pays exigea que les conditions fussent acceptées. Le gouvernement peut être satisfait qu'il n'y ait pas dans l'accord des conditions politiques. La souverainetéet l'indépendance de la Finlande restent intactes et le programme politique du gouvernement Kuusinen fut abandonné.”

Le Journal de Genève, le 14 mars 1940

Un traité de capitulation dit-on à Paris

Notre téléphone de Paris:

Le jugement porté sur le texte du traité soviéto-finlandais signé à Moscou est unanime. Il s'agit d'un traité de capitulation. On constate, en effet, que par les cessions territoriales faites à l'URSS (notamment par celles de l'isthme de Carélie, de toute la rive du Lac Ladoga, de la région de Vapuri), par la cession à l'URSS de Hangoe et des environs, enfin par l'interdiction d'organiser une défense de Petsamo, la Finlande se trouvera au point de vue militaire sous la coupe soviétique.

On se garde d'exprimer aucun blâme au sujet de l'attitude des Finlandais, qui ont fait preuve d'un merveilleux héroïsme et qui sans doute devaient se sentir à bout de forces, mais on est obligé de reconnaître qu'ils seront désormais à la merci des Soviets, jusqu'au moment où le résultat de la grande guerre les libérera. Il est possible, se dit-on, que les Soviets aient l'intention de les laisser tranquilles pendant un temps plus ou moins longs, mais en cas de pression ou de nouvelle attaque…

Pourquoi Staline arrête-t-il son agression contre la Finlande? Pourtant la fin de l'hiver permettra aux troupes soviétiques bien plus nombreuses et très mécanisées de remporter la bataille! Et ce n'est pas pour des raisons humanitaires, Staline n'est pas à un million de victimes près alors que durant les années 1930, il est responsable du fait de la collectivisation (1930-31), de la famine provoquée de 1932-33 et de la Grande terreur de 1937-38, de la mort de près de 15 millions d'humains. Non! C'est parce qu'il sent un retournement possible des alliances, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis s'engagent en faveur de la Finlande!

URSS attaque Finlande 1939
Le Journal de Genève, le 15 mars 1940

URSS attaque Finlande 1939 La fin de la guerre en Finlande

La Finlande mutilée

La Finlande perd un peu de territoire mais conserve son indépendance. Le gouvernement fantôche de Kuusinen ne sert pas encore cette fois.

Le Journal de Genève, le 15 mars 1940

La conclusion du traité finno-soviétique

Comment se seraient déroulées les négociations de Moscou

Et Kuusinen?

Le Journal de Genève, le 17 mars 1940

Le Duce et le Führer au Brenner. Les tensions entre les deux dictateurs sont apaisées: Mussolini avait pris le parti de la Finlande alors que Hitler, fidèle au pacte germano-soviétique avait empêché des fournitures italiennes d'atteindre Helsinki. […] Sumner Weeles [ambassadeur de Roosevelt] au Vatican. MM. Paasikivi et Volonmaa retournent à Moscou. M. Daladier rencontrerait le Duce à Gênes. Mais ce sera trop tard car le Duce a pris le parti de l'Allemagne après s'y être opposée pendant des années! Journal de Genève, 19 mars 1940

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