21 décembre 1989 - 21 décembre 2009: in memoriam

Regret et sa compassion pour les victimes de la dictature communiste. Et si on jugeait les criminels et ceux qui ont volés l'état, ce serait enfin le moment! C'est ce que demande Teodor Maries, de l' Association 21 décembre, qui rappelle que la répression “fait 1'104 morts, dont 162 avant la fuite de Nicolae Ceausescu et de son épouse Elena, le 22 décembre, et 942 après”

La Roumanie pleure ses "héros" du soulèvement anticommuniste de décembre 1989

Le Point, n° 1944 - 17 déc lepoint.fr 21/12/2009, .Par Mihaela RODINA

Les Roumains pleuraient lundi les "héros" du soulèvement anticommuniste de décembre 1989, alors que le président Traian Basescu, réélu pour un second mandat, se préparait à prêter serment devant le Parlement. Une marche de commémoration était prévue dans l'après-midi à Bucarest qui avait pris le relais des protestations contre le dictateur Nicolae Ceausescu le 21 décembre, après les sanglantes manifestations de Timisoara (ouest), première "ville martyre" du pays.

"Il y a 20 ans, les Roumains ont vaincu la peur omniprésente et se sont révoltés contre le régime communiste", a rappelé l'Association 21 décembre, qui regroupe les "révolutionnaires" ayant participé à ces événements.

"Le 21 décembre et la nuit qui suivit, des dizaines de Bucarestois avaient été tués, des milliers blessés, arrêtés ou torturés pour avoir eu le courage de demander Liberté et Démocratie", a ajouté cette association. Au total 48 personnes sont mortes à Bucarest dans la nuit du 21 décembre 1989, lorsque les forces de répression de l'armée et de la Securitate, la redoutable police politique, ouvrirent le feu sur les manifestants rassemblés place de l'Université. Dans l'ensemble du pays, la Révolution a fait 1'104 morts, dont 162 avant la fuite de Nicolae Ceausescu et de son épouse Elena, le 22 décembre, et 942 après, victimes de mystérieux "terroristes" selon certains, de la confusion régnant au sein de l'armée et des civils, dont nombreux avaient reçu des armes, selon d'autres.

Invitant les Roumains à "honorer leurs héros", l'association regrette que "la vérité sur ces événements ne soit toujours pas connue". "Vingt ans après, notre sentiment est que les autorités ont tout fait pour étouffer la vérité", a déclaré à l'AFP le président de l'association, Teodor Maries. "Ce que nous demandons c'est que ceux ayant ordonné la répression soient jugés, on n'a jamais demandé qu'ils soient mis à mort", a-t-il ajouté. A part Nicolae Ceausescu et sa femme Elena, sommairement jugés et exécutés par balles le 25 décembre, très peu d'anciens responsables communistes ont été condamnés à des peines de prison.

"En décembre 1989 nous avions de hauts idéaux, nous luttions pour la liberté et la démocratie et rêvions d'une société sans corruption, où la justice fasse son devoir", a déclaré M. Maries, en évoquant la "déception" de nombre de Roumains.

Alors que les "révolutionnaires" et les proches des victimes devaient se rendre en pèlerinage sur les lieux du soulèvement de Bucarest, les deux chambres du Parlement devaient se réunir dans l'après-midi en séance solennelle pour commémorer ces événements.

Auparavant, le président Basescu, réélu pour un second mandat le 6 décembre, devait prêter serment et présenter son programme pour les cinq prochaines années.

"Nous espérons que M. Basescu continuera ce qu'il a commencé en 2006, lorsqu'il a formellement condamné devant le Parlement les crimes du régime communiste", a indiqué Maries.

Selon lui, une loi sur la "décommunisation", empêchant les anciens membres de la nomenklatura communiste d'occuper des postes importants dans les administrations, "serait à souhaiter".

Il a également espéré que les "criminels de décembre 1989" soient enfin déférés en justice. "Sinon, la condamnation du communisme resterait uniquement un geste symbolique"
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