Les chefs communistes khmers face à la justice

Saloth Sar, alias Pol Pot a été jugé du 15 au 19 août 1979, à Phnom Penh, par un tribunal érigé par la République démocratique et populaire du Vietnam. Cette cour a jugé la clique Pol Pot - Ieng Sary et a condamné, par coutumace, les deux dirigeants communistes à la peine de mort. Pol Pot et les «membres de sa clique génocidaire», jugés le 25 juillet 1997 par un tribunal populaire khmer rouge, ont été «condamnés à la prison à vie» pour les actions qu'ils ont perpétrées «contre la nation et les patriotes». Accès au procès verbal: Jugement du Tribunal populaire révolutionnaire de la République populaire du Kampuchéa.

Mais ce jugement n'aura aucune conséquence. Malgré ses obligations pour le Vietnam, Hun Sen, le chef du gouvernement et du parti PPC (néo-communiste) sabotera toute arrestation de Pol Pot et celle de Ieng Sary, peut-être parce qu'il ne voulait devoir affronter ses anciens chefs? C'est ainsi que Pol Pot continuera à terroriser une partie du Cambodge encore pendant 17 ans. Quant à Ieng Sary, il jouera d'une grande fortune obtenue par divers trafics dont celui des pierres précieuses extraites de la région de Pailin, qui restera un fief des communistes khmers jusqu'en 1998!

Le 20 novembre 2007, les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens commencent après des années de tergiversations.

Tribunal des Khmers rouges
Plaquette éditée par le Tribunal des Khmers rouges ou ECCC présenté par quelques photos personnelles

Chronique des 2 procès: Douch (30 mars 2009) et de 4 dirigeants (Ieng Sary, sa femme Ieng Thirith, Nuon Chea, Khieu Samphan). Aucun ne sera jugé pour le crime de génocide! De plus, d'autres dirigeants du FUNK et du GRUNK, dont Norodom Sihanouk, échappent! Une nouvelle fois un gouvernement communiste, ennemi du peuple, demeure impunis. Il faut enfin organiser un Tribunal de Nuremberg des crimes communistes pour rendre justice aux centaines de millions de victimes!

Pol Pot
No 1
Nuon Chea
No 2
Ieng Sary
No 3

Douch, tortionnaire khmer rouge, condamné à la perpétuité
Le 3 février 2012, le chef de la prison de Phnom Penh à l'époque khmer rouge, Douch, a été condamné en appel à la perpétuité. Mais Douch était un second couteau, les chefs khmers rouges encore vivants ne sont toujours pas jugés!
http://www.tdg.ch/monde/asie-oceanie/Douch-tortionnaire-khmer-rouge-condamne-a-la-perpetuite/story/12218724

Le 16 décembre 2009, Les communistes dit Khmer rouge accusé de génocide, enfin. Le tribunal, ECCE, mis sur pied après des années d'altermoiements a commencé par se constituer, trouver un lieu et commencer ses premières accusations. Les principaux individus sont accusés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, mais pas de génocide, car le code pénal international, celui qui est appliqué par l'ONU, “oublie” le génocide de classe dans sa liste. En clair, tuer un individu au motif de sa race est condamnable, ce qui est très bien, mais tuer un noble, parce qu'il est noble, alors cela n'ést pas condamnable. Il semblerait que la ECCE admette enfin le génocide de classe, ce qui fera jurisprudence, un grand pas pour l'humanité. Nuon Chea, numéro 2, idéologue des communistes dits Khmers rouges, est le premier individus accusé de génocide de classe, avec Ieng Sary, numéro 3. Quant au numéro 1. Pol Pot, il a été brûlé par ceux qui l'ont servi et adoré sur ordre de ses lieutenants!

Le 18 décembre surgit la pitoyable vérité, le génocide dont est accusé Khieu Samphan, après Nuon Chea et Ieng Sary est celui des Cambodgiens musulmans; il s'agit d'un génocide de race et non de classe. L'espoir pour les centaines de millions de victimes volées, déportées, fusillées ou tuées par la faim, durant le Kampuchéa et aussi en Russie bolchévisée, en Union soviétique et dans les autres régimes communistes passés ou actuels, sont toujours oubliées et ar conséquent, méprisées!

18 décembre 2009, Khieu Samphan, Nuon Chea, Ieng Sary sont enfin accusés de génocide, mais de génocide de race, suite aux massacres prouvés et même revendiqués de la population vietnamienne du Cambodge et celle de musulmans. Par contre le massacre des prêtres et moines bouddhistes, est “oublié” quand aux génocides de classe, au pluriel car les bourgeois, les petits-bourgeois et les artisans ont été volés et détruits. Une accusation à géométrie variable et à deux vitesses qui sabote la condamnation des crimes communistes!

Il semblerait donc que la ECCE admette enfin le génocide de classe, ce qui fera jurisprudence, un grand pas pour l'humanité. En fait, il s'agit du génocide de race, mais que les communistes khmers aient détruit physiquement le bouddhisme (prêtres et moines avec les temples) et les bourgeois, petits-bourgeois et artisans après les avoir volés, ce génocide religieux et le génocide de classe, le tribunal international l'“oublie”! Curieux, car les crimes de ces deux génocides sont hurlantes!

Pour suivre le procès au jour le jour, les sites:

200'000 mariages forcés, créer un homme nouveau, mi-soldat mi-paysan, et effacer toutes références aux mariages traditionnels hérités de l’ancien régime “bourgeois et réactionnaire”.

Pourquoi les procureurs n'utilisent pas les 500'000 pièces à conviction à S 21

4 août 2009: Rithy Panh, qui suit le procès, pose des questions pertinentes, en particulier, pourquoi les procureurs n'utilisent pas les 500'000 pièces à conviction à S-21. Quant à la question de la journaliste, sur l'éventualité d'une Commission vérité-réconciliation, comme en Afrique du Sud, la monstruosité des commmunistes khmers la rend indécente! Mais, le documentaire de Rémi Laine "Khmers rouges, une simple question de justice" infirment les propos de Rithy Panh car le Tribunal a bien utilisé les archives de S-21.

9 juin 2009: Selon Kaing Guek Eav, alias «Douch», il n'aurait fait qu'obéir aux ordres, notamment ceux de son mentor, Son Sen, le ministre de la Défense des Khmers rouges et chef de la police secrète du régime. “Quand les enfants arrivaient au centre, je donnais l'ordre de les tuer car nous craignions qu'ils se vengent” plus tard. Pour les bébés, il n'a pas donné d'ordres mais il savait qu'ils étaient tués! Et un “centre de formation à la torture” avait été créé dans ce lycée offert par la France, odieuse puissance coloniale!

16 avril 2009: Theary Seng apporte l'esprit de la justice dans cette sinistre farce. Devenue orpheline à 4 ans par la faute des Khmers rouges, Theary Seng brise cette indécente bienséance accordée aux génocideurs. Quant à Arnaud Dubus, il reprend la propagande de gauche en réitérant le mépris contre “Lon Nol, le maréchal à l’esprit faible que les présidents américains Richard Nixon, puis Gerald Ford soutenaient à coups de dollars”, mais si Lon Nol était resté au pouvoir, il n'y aurait pas eu de génocide.

30 mars 2009: lecture de l’acte d’accusation de Kaing Guek Eav, alias «Douch». «Je voulais être un bon communiste.» Kaing Guek Eav, alias «Douch» rejoint Lénine qui a affirmé que “tout communiste doit être aussi un bon tchékiste”. Dans cet article, Arnaud Dubus reprend l'affirmation fausse: “Ce sont en effet principalement les cadres communistes cambodgiens qui sont envoyés dans le centre S-21 où ils sont torturés puis exécutés après avoir écrit leurs «aveux»”. En fait, c'est des gens du peuple qui ont été détruits psychologiquement avant d'être exécuté à Choeung Ek.

23 mars 2009: “L’enfant de S-21”, aujourd’hui âgé de 39 ans, a vu son appel rejeté par le Tribunal Khmers rouges (TKR) pour une question de délai, selon Cambodgesoir. Norng Chanphal n’a pas été admis à participer à l’ « affaire n°1 » en tant que partie civile, mais a été inscrit à la liste des témoins à charge contre Duch. En 1979, alors âgé de 9 ans, le jeune enfant avait été emmené à S-21 avec sa mère et son frère, après avoir été interpellés dans leur village de la province de Kampong Speu. Lui avait échappé à l’exécution en se cachant derrière une pile de vêtements, profitant de la confusion née de la prise de Phnom Penh par l’armée vietnamienne le 7 janvier 1979.

24 février 2009: Faux prétexte? Ieng Sary ne s'est pas présenté à l'audience d’appel contre le maintien de sa détention provisoire.

24 février 2009: "Pour Hun Sen, l'ONU mérite un procès. Le Premier ministre s'en est pris mardi au soutien accordé par New York aux Khmers rouges jusqu'en 1991. Propos rapportés par Leang Delux et Adrien Le Gal de Cambodge soir.

ieng thirith 24 février 2009: Ieng Thirith, lors d'une audience d'appel contre la prolongation de sa détention provisoire, change de défense: plus amnésique elle charge Nuon Chea et condamne le Tribunal " au septième niveau de l'enfer" si les accusations étaient maintenues.

19 janvier 2009, Libération (Source AFP): le procès de l'ex-Khmer rouge «Douch» s'ouvrira le 17 février 2009

Tribunal Khmers rouges : les co-juges d'instruction en visite à Païlin. (Cambodge soir Hebdo du 21 janvier 2008).

Dans un intéressant article intitulé "Le fantôme de Pol Pot ", Alain Campiotti (Le Temps du 9 mai 2008), tente de faire l'état de la situation en décrivant les derniers lieux occupés par les Khmers rouges.


Cambodge-Soir tenait une rubrique à jour sur le procès des khmers rouges, mais n'existe plus, hélas!.


Trente ans après leur chute, les Khmers rouges [ET LEURS COMPLICES] sont toujours impunis

Janvier 1979, des troupes vietnamiennes envahissent le "Kampuchea démocratique", l'état des génocideurs communistes khmers. Le gouvernement de la République du Vietnam a évidemment reçu le feu vert de Moscou pour cette opération qui va courroucer la Chine populaire, soutien des Khmers rouges. En représailles, des troupes chinoises vont attaquer le nord-est du Vietnam, mais le but de cette opération pour le gouvernement de Pékin est de ne pas mettre la face. L'action vietnamienne est un succès, les khmers rouges quittent Phnom Penh et retournent à la guerilla dans l'ouest du Cambodge. Dans ses bagages, les Vietnamiens ont apportés un gouvernement fantôche composés d'anciens khmers rouges dont Hun Sen.

30 ans après, les khmers rouges survivants demeurents toujours impunis. Parmi les membres du Funk, le front uni national cambodgien, Norodom Sihanouk dont le soutien aux khmers rouges a été déterminant dans leur prise du pouvoir, l'ancien roi, toujours vivant, n'est pas inculpé. Quant aux membres des gouvernements chinois et américains, qui ont soutenu les khmers rouges après janvier 1979, non plus. En résumé, ce procès, même s'il avait enfin lieu, serait une totale imposture.

C'est le mérite de l'article de Véronique Kiesel (Le Temps, 8 janvier 2009) d'empêcher que la négation des crimes communistes continue à protéger des meurtriers de masse. Cette journaliste aurait pu rappeler le réseau des complices suisses de Pol Pot qui participèrent au soutien au kmers rouges parmi lesquels Indochine vaincra (avec Ruth Dreyfuss, Nils de Dardel et autres membres du parti socialiste suisse), l'organisation communiste suisse "Drapeau rouge" et d'autres "progressistes".

Une nouvelle fois la gauche prétendant défendre le peuple a, en réalité, soutenu les bourreaux du peuple, selon son habitude depuis le coup d'état de Lénine en octobre 1917. Et pour cacher son ignoble complicité, la gauche doit faire, selon la formule de Rével, table rase de son passé, en falsifiant sans vergogne l'Histoire.

La situation au printemps 2008

0) Pol Pot décédé, son cadavre a été brûlé avec des pneus ce qui devrait lui assurer une mauvaise renaissance dans le cycle des vies selon la vision bouddhiste! Quelle consolation pour les victimes!

1) Nuon Chea, no 2 chef de forces de sécurité (du parti, mais de l'insécurité du peuple). [Mars 2009, en prison, accusé par le TKR]

2) Ieng Sary no 3. Vit richement libre à Phnom Penh. [Mars 2009, en prison, accusé par le TKR]

3) Ieng Thirit, son épouse, 75 ans. Idem.[Mars 2009, en prison, accusé par le TKR]

4) Khieu Samphan, chef de l'Etat depuis 1976-79, 76 ans. [Mars 2009, en prison, accusé par le TKR]

5) Kang Kek, alias Duch, 65 ans, chef du centre de destruction psychologique de S-21 (Tuol Sleng) (les prisonniers étaient ensuite achevés à Choeng Ek), [Mars 2009, en prison, accusé par le TKR].

Quant à Norodom Sihanouk, complice actif, chef de l'Etat du Kampuchea dit démocratique en 1975, il est "oublié",!


Dans 81 des 170 districts du pays, les chercheurs ont réussi à localiser «9'138 fosses contenant environ un demi-million de squelettes. Les 89 districts qui n'ont pas encore été explorés abriteraient 10'000 fosses supplémentaires». Quant à S 21 (Tuol Sleng), le centre de destruction psychologique de Phnom Penh où près de 20'000 êtres humains ont été terrorisés, torturés afin qu'ils avouent être des “ennemis du peuple”, avant leur exécution à Choeng Ek, il y en aurait eu une centaine répartis dans le pays! A part S 21 (Tuol Sleng) et Choeng Ek, tous deux à Phnom Penh, tous ces lieux ont été "oubliés", perdus comme si rien ne s'était passé!

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