Il y a 30 ans, les progressistes poussèrent des cris de joie qui saluèrent la "grande victoire du peuple cambodgien sur l'impérialisme américain et son régime fantoche de Lon Nol". Selon les journalistes de gauche, en plein accord avec les nouveaux dirigeants, un avenir radieux commençait pour ce petit pays. 30 ans après, quelle contraste! Aucune commémoration, mais un grand silence qui règne car la construction du socialisme et de son avenir radieux n'a été que le début de la spirale de l'horreur. Une fois de plus, une fois de trop!. Alors on occulte la réalité afin que le socialisme puisse encore être prôné comme la solution porteuse du bonheur de l'humanité, ce que les marxistes nous promettent depuis 1848, et continuent de marteler malgré la sanglante faillite du socialisme dans une quarantaine de pays durant le XXe siècle.

Articles de Monde d'avril 1975

Mais avant, consultez quelques articles de Monde publiés en avril 1975. Malgré une pseudo -objectivité, les sympathies politiques et idéologiques du Monde avec les progressistes transparaissent.

1) Le 1er avril, le quotidien titre "Revers gouvernementaux en Indochine".

2) Le 4 avril 1975 Cambodge en sursis

3) Le siège de Phnom-Penh.

4) Les Républicains veulent défendre Phnom-Penh à tout prix. C'est comme à Paris en juin 1940…

5) La République populaire chinoise se réjouit de son influence croissante en Indochine.

6) Le Monde du 6-7 avril 1975. On apprend la complicité idéologique de nombreux gouvernements qui reconnaissent déjà le GRUNC.

7) La longue marche des Khmers rouges, Le Monde 16 avril 1975. Jacques Decornoy fait une analogie avec la fameuse longue marche des communistes chinois.

8) Phnom Penh n'est pas encore tombée, mais la France de Giscard d'Estaing reconnaît déjà le Grunc. Le Monde 16 avril 1975 page 6.

9) L'édition du 17 avril 1975 du Monde est diffusée alors que les Khmers rouges entrent dans Phnom Penh. Il a pour titre "L'écroulement des illusions" mais les illusions ne sont pas seulement celles de Long Boret, chef du gouvernement depuis la fuite de Lon Nol! Il s'agit surtout de celles des progressistes (y compris Le Monde dont les journalistes Patrice de Beer et Pomonti) croyant que la victoire allait apporter la paix au peuple cambodgien. Il aura fallu de nombreuses années pour que ces naïfs admettent que la construction du socialisme allait, une fois de plus, engendrer la spirale de l'horreur. Nombreux, tels que Jean Lacouture, persistent à nier et continuent à propager le marxisme alors qu'ils ont vu ce que c'était.

10) Pendant que cette tragédie se déroule, Norodom Sihanouk continue à faire le pitre. Après avoir clamé que la chute de Lon Nol lui permettrait de prendre sa retraite, quelques jours après (édition du 17 avril 1975), il informe qu'il reste chef de l'état. Ce bouffon, après avoir servi de marche pied aux Khmers rouges, se fera leur complice en cachant leurs crimes alors qu'il était le représentant du Kampuchea à l'Onu. Son discours du 6 octobre 1975 à l'Assemblée générale des Nations unies dépasse les limites du pitoyable. Le peuple khmer se fait massacrer et lui, le roi vaniteux du Cambodge, pérore à la tribune sur la "victoire"… Le crime de non assistance à un peuple en danger devrait être enfin mis dans la législation internationale.

11) Pourquoi fuir alors que la libération prochaine de leur pays par un parti communiste ne peut être que la promesse de la liberté, de la paix et de l'abondance. Le Monde publie obligeamment une correspondance pour rassurer les Vietnamiens et les Cambodgiens qui risqueraient d'être trompé par la propagande de l'impérialisme américain.

Le génocide cambodgien et l'ONU

Rappel: Le nouveau régime a obtenu, grâce aux groupes des 77, le droit d'occuper le siège du Cambodge. Il y a, pour se faire, plusieurs interventions durant le printemps et l'été 1975. Mais cette procédure est dérisoire en regard des interventions des vainqueurs, les Khmers rouges (Ieng Sary, puis Norodom Sihanouk) nous vantant leurs succès et le bonheur du peuple cambodgien. C'était en 1975. Puis quasi plus rien jusqu'à l'intervention au Kampuchea démocratique du Vietnam en 1979. Les rivalités des pays socialistes s'affrontent ausssi dans l'Assemblée générale, ce qui a au moins le mérite que les souffrances des victimes des Khmers rouges existent enfin dans l'Assemblée générale. Piètre consolation.

1) Le 5 septembre 1975, lors de la 29e session de l'Assemblée générale à New York, lors de la 2335e séance plénière consacrée à "Développement et coopération internationale" permet au khmer rouge Ieng Sary de vanter la victoire du 17 avril.

2) Le 6 octobre 1975, lors la 30e session de l'Assemblée générale, le prince Norodom Sihanouk, chef d'Etat du Kampuchea (le nom du nouveau Cambodge) prend la parole dans la séance plénière.

Après ces mensonges et ses vantardises sur fond de génocide, les Khmers rouges font de nouveau l'actualité de l'Onu en 1979 après l'intervention du Vietnam. Et là surprise! retournement de situation, les bourreaux du peuple khmer se retouvent dans le rôle de ce qu'ils appelaient "le gouvernement fantoche de Lon Nol". Eux qui avaient la science de l'Histoire, le marxisme, ils n'ont pas vu venir leur propre perte.

3) La République populaire de Chine monte à la tribune pour dénoncer la "brutale agression" du Kampuchea lors de la 11e séance plénière de la 34e session de l'Assemblée générale qui se tint le 27 septembre 1979.

4) Cela chauffe à l'Onu. Pendant les 4 ans durant lesquels le peuple khmer se faisait massacrer, rien! comme, vingt ans plus tard, pour le génocide du Rwanda. Le représentant des bourreaux du peuple khmer pourtant n'hésite à monter à la tribune le 28 septembre 1979 pour se plaindre et dénoncer "la tentative de rééecrire l'Histoire et réfuter les calomnies et les mensonges du Vietnam". Pas pour s'excuser des crimes de ce régime socialiste et démocratique.

La nouvelle situation du Cambodge envahit par le Vietnam entraîne une importante activité à la fois dans l'Assemblée générale de l'ONU et dans le Conseil de sécurité. Les Index des deux organes de Nations unies mentionnent donc de nombreuses interventions et prises de positions. Mais, le secrétaire générale du Conseil de sécurité, Kurt Waldheim, refuse d'intervenir pour aider les réfugiés et pour la sécurité du peuple cambodgien. Un article du Monde informe des curieuses raisons à cet non assistance à peuple en danger.

5) Dans ce sordide débat entre ces gouvernements d'assassins, il manque l'URSS qui était occupé à sauver en vertu de "la solidarité prolétarienne" le régime communiste de Kaboul. C'est alors, le 3 octobre 1979, la République populaire et démocratique du Laos qui fait la voix de Moscou et vole au secours du Vietnam.

6) Le Vietnam, qui vient de subir l'agression de la République populaire de Chine, qui défend son intervention au Cambodge.

7) Alors que le régime communiste des Khmers rouges se moquaient des Droits de l'Homme afin de pouvoir construire un "homme nouveau", le représentant permanent du Kampuchéa démocratique adresse lors de la 35e session de l'Assemblée générale le 13 mars 1980 une protestation de la Ligue vietnamienne des droits de l'Homme. Encore un exemple de soit-disant de défenseurs des droits de l'Homme se mettant au service des bourreaux des hommes et de leurs droits. Cela serait risible, mais quand on sait l'horreur engendrée par les Khmers rouges...

8) Le procès par coutumace de la "clique Pol Pot Ieng Sary" par le gouvernement mis en place par le Vietnam. Il s'est déroulé du 15 au 19 août 1979 à Phnom Penh. 35 ans plus tard, Pol Pot a été liquidé par ses lieutenants et Ieng Sary se porte très bien. Quand au véritable procès des Khmers rouges, il n'a toujours pas eu lieu.

9) Interventions à l'ONU durant la 34 session (1978-79)

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