Les responsables de la fusillade du 9 novembre 1932 traduits devant les Assises fédérales le 15 mai 1933

Le fait toujours "oublié" par les falsificateurs du "9 novembre 1932", le procès de certains responsables de l'émeute et de l'agression de la troupe qui provoquèrent la fusillade des soldats en légitime défense. 18 inculpés, liste où manque curieusement Lucien Tronchet. De plus, il est tout autant ignoré la montée en puissance des provocations organisées par le Parti communiste suisse, officine aux ordres du maître du Kremlin; en 1932, Jules Humbert-Droz a compris la leçon que lui a imposée Staline qui lui permet de rester membre du Komintern, pour autant qu'il obéisse. Donc la stratégie qui aboutit à faire couler le sang à Zürich les 21 janvier et le 15 juin sont résultats des ordres de Moscou, de même que l'émeute du 9 novembre 1932. Ce qui diffère à Genève, c'est que le parti socialiste est aussi sur la même longueur d'onde depuis que Léon Nicole, suite à la visite au printemps dernier de Germaine Düby, une de cess dames du Kremlin en mission, est devenu aussi le larbin de Staline, en dépit des rivalités avec le parti communiste genevois. De plus sa tentative de prendre le contrôle du PSS a fait long feu, Nicole et une poignée de fidèles ont été mis en nette minorité au dernier congrès du parti socialiste. Enfin, malgré l'interdiction de participer au Congrès d'Amsterdam, machine de guerre contre la IIe Internationale, le gros Léon qui avait encore sa moustache à la Charlot s'y était rendu, en faisant de la pub dans “Le Travail”.

De plus, il demeure toujours incompréhensible pourquoi que les victimes, famille de tués et les blessés, n'aient pas ententé une action civile contre les responsables pour obtenir réparations du dol considérable causé.

Enfin, il est noter que depuis que les archives du Komintern sont accessibles, aucun historien de la clique à Jost (Python, Fayet, Caillat, etc), soi-disant militants d'une nouvelle histoire suisses n'ont été cherché des documents, en particulier qui étaient les agents traitants de Nicole, Dicker, et autres agents de Staline en Suisse.

Autres articles, ceux de “La Suisse”, évidemment «fasciste» auxquels il faudrait ajouter ceux de la "presse prolétarienne", comprendre stalinienne, “Le Travail” de Léon Nicole, “Le Drapeau rouge” de Jules Humbert-Droz, “La Défense” du Secours rouge de Jean Vincent, et les publications des “Amis de l'Union soviétique”.

secours rouge En mai 1933 paraît le premier numéro de "La Défense", juste en même temps que les procès des responsables de la fusillade du 9 novembre 1932 à Genève qui se tient à Lausanne durant les Assises fédérales. Tout comme “Le Drapeau rouge” qui a sorti son premier numéro à la veille du procès Conradi en novembre 1923. Un pur hasard du calendrier et merci à Moscou pour le financement!

Le logo de la "La Défense", le bulletin d'information de la section suisse du Secours rouge international, organisation faisant partie du Komintern. Il a été, hélas mal compris car, en fait, il montre un Soviétique enfermé dans l'URSS et appelant, vainement, au secours!

18 responsables du 9 novembre 1932 devant les Assises fédérales

Journal de Genève du 16 mai 1933. L'accusé Nicole. Dix-huit inculpés ont comparu lundi matin devant les Assises fédérales. […] «C'est exactement ce qui s'est passé le 9 novembre: contre le gouvernement dont le premier devoir est de faire respecter l'ordre public, Léon Nicole s'est dressé, mégalomane éperdu, agitateur sans scrupule, politicien inconscient du mal qu'il allait causer. Aucun homme de bon sens ne l'a accusé d'avoir voulu renverser le Conseil d'Etat; il a cherché à ridiculiser ses adversaires en assurant cela. Mais il a provoqué une émeute et cela suffit pleinement pour qu'il se trouve aujourd'hui sur le banc des accusés.»

18 responsables du 9 novembre 1932 devant les Assises fédérales


Si le procès avait lieu à Moscou, ils riraient moins, comptant les heures qui leur reste à vivre!

Les inculpés devant la Salle centrale le 15 mai 1933 à l'ouverture du procès. Debout, de gauche à droite: Max Hofer, Edmond Isaak, conseiller municipal, Léon Nicole, Albert Wütrich (à demi caché), Albert Dupont, avocat, député socialiste, Francis Baeriswil, Kiamil-Noury Mhamoud, Jules Daviet et Edmond Duboux. Agenouillés, de gauche à droite, Otto Maetzler, Franz Pinggera, Francis Lebet et Charles-Auguste Millasson. Au troisième rang, cachés, Robert Mégevand, Emile Senn, Lucien et Pierre Tronchet. Manque Alfred Baudin, malade à l'ouverture du procès. Collection de Lucien Tronchet qui n'était pas au nombre des accusés alors que son rôle a été évident dans l'émeute. En échange de quoi a-t-il été “oublié”?


Devant la Salle centrale. De gauche à droite: Francis Baeriswil, Edmond Isaak, Francis Lebet, Robert Mégevand et Jules Daviet.http://www.lescommunistes.org/archives/9novembre/ qui écrivent des pages selon le modèle du réalisme socialiste, les beaux mensonges pour édifier le peuple!


L'acte d'accusation des 18 inculpés
1. Nicole, Léon, né le 10 avril 1887, rédacteur à Genève, (instigation et provocation publique à la révolte)

Dans une assemblée qualifiée de "secrète" regroupant 80 personnes: «Est-ce qu'on parlé de moyens violents? Oui, Nicole a dit qu'il faudrait s'emparer des hydrants et couper les cordes des barrages. Ensuite, il a fixé le rendez-vous de chaque groupe. […] Une garde du corps a été désignée pour Nicole et on a dit: "Comme ça au moins Nicole ne risquera rien". Enfin un communiste est rentré dans la salle et a déclaré: Nous marchons avec vous, et vous pouvez compter sur l'appui de la "bande à Tronchet".» Poivre et matraques

«Est-ce qu'on parlé de moyens violents? Oui, Nicole a dit qu'il faudrait s'emparer des hydrants et couper les cordes des barrages. Ensuite, il a fixé le rendez-vous de chaque groupe. Une garde du corps a été désignée pour Nicole et on a dit: "Comme ça au moins Nicole ne risquera rien". Enfin un communiste est rentré dans la salle et a déclaré: Nous marchons avec vous, et vous pouvez compter sur l'appui de la "bande à Tronchet"

18 responsables du 9 novembre 1932 devant les Assises fédérales Journal de Genève du 16 mai 1933. «La Cour a entendu ensuite les premiers témoins. Leurs dépositions ont porté sur l'assemblée socialiste où il fut décidé, le 8 novembre, de se rendre à la réunion organisée par l'Union nationale».

«le second témoin, Langenbach, qui assista à l'assemblée [socialiste du 8 novembre 1932], a fourni des précisions intéressantes sur les méthodes que les socialistes voulaient employer pour troubler la réunion. Il a affirmé que Nicole a déclaré qu'il faudrait couper les cordes et forcer les barrages, puis pénétrer dans la salle et s'emparer du podium.»

[…] A propos du témoignage de Bornand, député socialiste, M. Soldati, président. a dit qu'il était sujet à caution car il est en contradiction complète avec le procès-verbal de l'assemblée socialiste.

Les témoins. 1ere colonne: le témoignage de Compagnon qui rapporte les paroles du chef, Nicole « il a dit qu'il fallait empêcher l'assemblée de l'Union nationale par tous les moyens, même par la force et s'il fallait, couper les cordes et enfoncer les barrages. Mégevand est venu annoncer qu'on pouvait compter sur les communistes.
- Qu'a dit Isaak?
- Il a parlé du poivre.
3e colonne. Comment vouliez-vous procéder pour cela. - M. Bornand: Avec nos sifflets unanimes.

Journal de Genève du 16 mai 1933. Les témoins parlent de poivre et de sifflets, preuve de la préméditation. 1ère colonne: «M. Fraisse reconnait ensuite qu'on voulait en imposer par la masse.» M. Sillig Ce n'était pas si pacifique que cela. M. Fraisse. La manifestation pouvait rester dans l'ordre si l'Union nationale n'envisageait pas la provocation.»

18 responsables du 9 novembre 1932 devant les Assises fédérales

Journal de Genève du 16 mai 1933. Le transport sur place. L'après-midi, pour faire droit à une demande de la défense, la cour ordonne un transport sur les lieux de l'émeute. «Puis au rond-point de Plainpalais, Nicole reprit son explication. Le président l'ayant interrompu, Nicole s'écria: On m'accuse d'être responsable de la mort des victimes, je me défends!
- Eh! remarqua le président, vous n'êtes pas accusé de cela. Que vous ayez une responsabilité morale, cela me semble certain, mais juridiquement, vous n'êtes pas inculpé de meurtre.»

18 responsables du 9 novembre 1932 devant les Assises fédérales Lausanne

Journal de Genève du 16 mai 1933. Dépositions précises et accablantes de M. Renaud Barde […] - Nicole a parlé de la pourriture du régime, il a attaqué le gouvernement, il a parlé de la révolution en criant "tenez la rue et tenez-la bien". Il est certain que, par ces propos, il engageait la foule à bousculer les barrages qui l'empêchaient d'arriver à la Maison communale.

Journal de Genève du 16 mai 1933. Une déposition qui déchaîne l'orage. M. Jacques Bonnet, qu'on entend ensuite, fait une déclaration semblable. Nicole, qui était monté sur les épaules d'un camarade, a vociféré: "Tenons la rue, tenons-la bien, la révolution est à Genève". Après ce discours, le témoin a entendu uen voix qui donnait cet ordre: "la moitié au Bd du Pont d'Arve, l'autre à la rue de Carouge". Enfin il a assisté à des scènes de violence, où les soldats étaient frappés et brutalisés, et a vu également qu'on arrachait et brisait les armes et des soldats tombés étaient encore frappés et piétinés.

Léon Nicole Pour suivre le procès de Léon Nicole et des autres accusés dans le journal “La Suisse”.

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