LE PROCES CONRADI
Lausanne, du 5 au 13 novembre 1923

procès Conradi-Polounine Lausanne 1923 procès conradi procès Conradi Lausanne 1923
Moritz Conradi
Conradi (à gauche) et Polounine
Arcadius Polounine

Le 5 novembre 1923, à Lausanne, commence le procès qui devrait être défini comme Conradi-Polounine, tous deux accusés dans l'assassinat de Vaslav Vorovski, délégué de la RFSSR à la Conférence de Lausanne sur les Détroits (Bosphore et Dardanelles). A remarquer que l'URSS sera crée en 1922 et que RFSSR est l'acronyme de République fédérative socialiste soviétique de Russie, régime résultant du coup d'état d'octobre 1917 contre un gouvernement et une assemblée constituante, eux, tout à fait légitimes.

LE CONTEXTE DU PROCES CONRADI
De 1921 à 1923, une grave famine a conduit à la mort 5 millions de Russes Plus la santé de Lénine se dégrade et plus la lutte pour prendre sa place de dictateur s'insentifie entre Trotski et Staline
Au pays de la mort. Sous l'oeil de la Tchéka. Trois semaines dans les prisons russes. Les impressions d'un journaliste américain. TdG, 5 septembre 1923
Fin de la crise en Allemagne. L'agitation au Portugal. Un mouvement révolutionnaire maîtrisé. TdG, 2 octobre 1923
Les nouveaux billets de banque du Reich de un et dix millions de Mark. TdG, 23 septembre 1923
Les difficultés de l'Allemagne. Les Soviets et le Reich: préparatifs militaires en Russie rouge. TdG, 9 octobre 1923
Les troubles en Bulgarie. Le soulèvement communiste serait près d'être réprimé. TdG, 28 septembre 1923
Les "Miracles" de Mussolini. La réorganisation du fascisme. TdG, 24 octobre 1923
Autour des incidents de Lugano. Le bateau "Italia" séquestré. Réunion des communistes du canton. TdG, 23/28 septembre 1923
Saxons contre le Reich. Procès contre les communistes à Rome. TdG, 24 octobre 1923
Des menaces déguisées. Trotski parle de la politique étrangère du gouvernement russe. Sanglante émeute Dresde. TdG, 30 octobre 1923
La guerre civile en Allemagne. Sanglantes émeutes à Hambourg (tentative de coup d'état du Komintern). TdG, 24 octobre 1923
Les troubles en Allemagne. Combat acharné Coblence. Mussolini à Bologne: triomphe. TdG, 31 octobre 1923

Coup d'état en Bavière. Ce coup d'état serait fasciste, pas celui de Lénine, agent de l'Allemagne. TdG, 10 novembre 1923

Le pillage par la Tchéka de la Légation suisse de Petrograd, le 2 juin 1919 Ce fait gravissime a toujours été « oublié » par le soviet des historiens suisses, toujours présents jusqu'en 2020 pour servir Lénine puis Staline, déguisés en «anti-fascistes». Curieusement aucun article indigné dans le Journal de Genève ou la Gazette de Lausanne dans les jours qui suivent et encore une protestation du Conseil fédéral. C'est que règne en Russie la Terreur rouge et le gouvernement illégitime de Lénine, une bande d'assassins et de voleurs, qui utilise tous les moyens pour combattre les Blancs mais aussi tous ceux qui combattent le régime de la dictature du prolétariat, en fait celle de Lénine et sont gouvernement illégitime. Dès le printemps 1918, les ouvriers contestant Lénine et demandant des droits syndicaux sont brutalement arrêtés, et fusillés ou déportés aux Solovki. La répression sanglante s'abat aussi sur les paysans qui refusent les réquisitions de la Tchéka et que l'on touche à l'organisation solidaire du mir! Quant aux Soviets qui s'écartent de la ligne, ils sont simplement supprimés, répression qui culminera avec le massacre de celui de Kronstadt en mars 1921, 50 ans après la répression de la Commune à Paris.

En marges de l'Affaire Conradi: 23 juin 1923, Genève, M. Georges Oltramare, auteur dramatique et rédacteur en chef du Pilori, est agressé par M. Lucien Lévy-Lansac, propriétaire de salles de cinéma. Renvoyé pour antisémitisme et antimaçonnisme, Georges Oltramare a fondé sa propre feuille satyrique où il dénonce la main-mise affairiste sur Genève et attaque notamment M. Lévy-Lansac (d'origine juive comme son nom l'indique).

L'Affaire Conradi

A noter que le premier numéro de Drapeau rouge sort le 3 novembre 1923, deux jours avant l'ouverture du procès de Conradi. “Le Drapeau rouge: La bande Lodygensky-Conradi-Polounine a opéré sous l'égide de la Croix de Genève”. Le procès Conradi. 2e page (Le Drapeau rouge, no 2 du 17 novembre 1923). «Nous devons tenir compte que le peuple russe fut tyrannisé pendant des siècles, déporté dans les steppes de la Sibérie, assassinés par les hobereaux.» Mais le pire commençait avec le coup d'état d'octobre 1917. De plus, l'horreur communiste sévira et continue de sévir dans de nombreux pays.

Tribune de Genève, le dimanche 4 novembre 1923. Un procès sensationnel. Conradi, le meurtrier de Vorovsky va comparaître devant le jury vaudois. L'article décrit le meurtre le 19 mai 1923, à l'Hôtel Cécile, à deux pas du Casino de Monbenon où se deroulera le procès.

procès Conradi-Polounine Lausanne 1923

A 9 heures 15, M. Benjamin Fonjallaz qui va présider ces longs débats fait sont entrée. Prestation de serment des jurés… Première passe d'armes entre avocats. Me Dicker sur la sellette. La lecture de l'acte d'accusation. Les débats sont repris à 14 h. 30 exactement. Sera-ce le calme après l'orage? Espérons-le? Le greffier chef du tribunal, M. Cérisole donne lecture de différentes pièces de la procédure et de l'acte d'accusation. Avec une douceur presque paternelle, le président Fonjallaz procède ensuite à l'interrogatoire des accusés. A tour de rôle et avec un calme étonnant, Conradi et Polounine font un tableau sinistre des souffrances qu'ils ont endurées au pays des Soviets…

capt fonjallaz
Tribune de Genève, le 7 novembre 1923

Devant le jury lausannois, Maurice Conradi explique les mobiles de son acte… Il voulait abattre un chef communiste. A Gallipoli, Conradi apprend la mort de son père et de son oncle… La fin de l'interrogatoire d'Arcadius Polounine. L'ancien chef d'escadron de l'armée blanche proteste de son ardent patriotisme et prononce un violent réquisitoire contre le régime soviétique. Déposition du général Dostowalof. Nouveaux incidents entre les avocats… Arcadius Polounine. Je suis entré en lutte avec le régime bolchéviste après une mûre réflexion.

procès Conradi-Polounine Lausanne 1923

Les "beautés du bolchevisme" vantées par les témoins à charge… Quelle surprise! Rappelons que la terreur rouge déclenchée par Lénine en octobre 1917, coup d'état frauduleusement qualifé de "révolution d'octobre" jettera 160 millions d'innocents dans une tourmente de sang, de larmes et de misère. La famine de 1921-22 fera 5 millions de morts, à elle seule, mais il faut ajouter les victimes de la répression. Lénine et Trotski furent les vrais pères du Goulag, Staline l'amplifiera!

Tribune de Genève, le 8 novembre 1923

La 3e journée du procès Conradi. Une longue déposition du "camarade" Rappoport. Emouvant témoignage d'une "rescapée" de Russie. Une conférence communiste. Le sort lamentable de la famille Conradi. La note à payer. Le Dr Jeanneret-Miskine correspondant en Suisse des Isvestia et donc agent de la GPU. Il n'y aurait pas de représentant officiel du gouvernement bolchevique, mais Dicker avocat et agent de Moscou! Peut-être, des agents des sanguinaires de Moscou, certainement dont lui-même!

procès Conradi-Polounine Lausanne 1923 Le défilé des témoins à la barre. Les excès du régime bolcheviste d'après un Suisse retour de Russie… Un implacable réquisitoire contre le régime des Soviets, par Me AubertUne ancienne prisonnière des bolcheviks fait un impressionnant tableau de la terreur rouge à Moscou. Encore un violent incident entre avocats. Dépositions de Suisses retour de Russie…

Tribune de Genève, le 10 novembre 1923

procès Conradi-Polounine Lausanne 1923
Une confrontation entre généraux de l'ancien et du nouveau régime. Horrifiants tableaux de la Terreur rouge. Ceux qui ont été ruinés par les Soviets …

Tribune de Genève, le 11/12 novembre 1923

L'Affaire Conradi: Drapeau rouge, le 17 novembre 1923. Le Drapeau rouge stigmatise la Ligue nationale vaudoise dont les "combattants" sont prêts à applaudir des "assassins"! De l'humour bolchevik, alors que les communistes de Suisse et d'ailleurs applaudissent des meurtriers de masse, Lénine, Trotski et le Politburo, anti-démocratique!!!

Les Conradi et la révolution. Un témoignage du Dr Montandon. Au camarade Directeur du Drapeau rouge (1er décembre 1923). Je vous serais obligé de faire paraître des lignes en conclusion du procès Conradi. On a parlé sans relâche, au cours du procès, de vols, viols, tortures et massacres. Il n'y a pas eu de vols, viols, tortures et massacres. Il y a eu révolution … Voilà qui va consoler les victimes et les survivants. "Ndlr - Nulle personne autorisée ne peut mieux parler de la Russie que le Dr Montandon, étant donné qu'il a passé lui-même deux ans chez les "Bolcheviks et chez les Voltchak", de par la volonté de la Croix-Rouge Internationale".

L'affaire Conradi selon les éditions Eiselé

“Entre modernité et nostalgie: La Suisse de 1920 à 1929”
Editions Eiselé, 1992, Prilly (VD), Suisse

Quelques pages traitent de l'attentat à l'Hôtel Cécile, du procès au Casino de Montbenon.

Enfin, sont rapportés diverses réactions de journaux et de partis, ainsi que du Conseil fédéral.

A ce propos, il est difficile de comprendre pourquoi le Dr Lodygensky ne témoigna pas et pourquoi sa publication de 1922 décrivant la Terreur rouge et son emploi systématique par Lénine pour détruire toute opposition à sa dictature, ne fut pas une pièce dans ce procès?

Lodygensky Ce rapport du Dr Georges Lodygensky, membre du CICR, a été publié en 1922, se trouve dans les archives du CICR, avec les.

Les suites de l'Affaire Conradi

Drapeau rouge, le 1er décembre 1923, Le procès Conradi-Polounine nous a valu à nous, Genevois, une révélation. C'est que Me Th. Aubert est un grand avocat d'assises.

Drapeau rouge, le 20 septembre 1924. Conradi: l'ignoble assassin de notre camarade Vorovski a été arrêté mercredi à 2 h. au Bar Maxim (Genève) où sous l'empire d'une soi-disant forte dose de cocaïne et d'alcool, il menaçait de son browning danseuses et employés. Mais qu'est devenu Polounine?

Dans le Drapeau rouge, le 2 octobre 1926, un article, certainement repris de Moscou, révèle l'origine véritable du meurtre du Vorovski: "En signifiant au plénipotentiaire russe qu'il devait signer ou quitter le territoire suisse, le Conseil fédéral commettait un acte doublement coupable au point de vue du droit international, il violait la neutralité proclamée et reconnue de son pays, il encourait le risque d'endosser la responsabilité initiale des provocations au meurtre, et indirectement du meurtre de Vorovski". Ainsi, le Conseil fédéral aurait exercé un chantage sur Vorovski, provoqué au meurtre et serait responsable indirectement du meurtre de Vorovski! Autre responsable, Ligue nationale vaudoise qui serait venu à l'Hôtel Cécile pour rencontrer Vorovski et lui demander qu'il quitte la Suisse sur-le-champ selon Annetta Caratsch, “Jean Arens, Diplomate soviétique. Bund, bolchevisme et purge”, in: Communisme 17/1988, L'Age d'Homme!

Dans le “Laboratoire des poisons“, Arkady Vaksberg écrit que Conradi aurait été manipulé par Polounine, agent du Guépéou, pour liquider Vorovski! De plus, alors que Conradi pouvait également tuer Arens et l'autre agent de Moscou, Maxim Diwilkovsky, alors qu'il les a épargné! Et qu'est devenu Polounine? Libéré, il obtient un visa pour la Belgique, puis il reçut la permission d'habiter à Paris, “où il décéda en 1933, dans des conditions pour le moins mystérieuse. S'est-il agi d'un suicide ou d'un empoisonnement?” page 233 “Face au communisme: quand Genève était le centre du mouvement anticommuniste international” du Dr Georges Lodygensky.

Les représailles bolchevik furent discrètes mais effectives. En 1923, 3'000 Suisses vivaient encore en Russie. Woldemar Wehrlin, délégué de la Croix-Rouge, assurait de manière officieuse la fonction de consul, la Légation suisse ayant été fermée en juin 1918, suite à son pillage par le gouvernement de Lénine. Et cela en échange du séjour en Suisse de Bagotsky (mort en 1952, de mort naturelle?), agent notoire du Komintern. Et les représailles: Le frère et la soeur de Conradi, Xenia et Victor, furent arrêtés par la Guépéou GPU, de même que la soeur de Polounine, qui disparurent au goulag.. En 1936, ils étaient encore référencés dans le “Registre des Suisses et des personnes d'origine suisse domiciliées en URSS”. Quant à Polounine, qu'est-il advenu? Il meurt mystérieusement à Paris en 1933, victime peut-être de tueurs du GPU et du Laboratoire des poisons? A signaler que le juriste envoyé par Moscou, Me Tchlénov, fut liquidé quelques années après lors d'une purge stalinienne.

Avec le Dr Lodygensky, Me Aubert mettra sur pied l'Entente Internationale Anti-KominternL'Affaire Conradi. Le procès du Bolchévisme”. Théodore Aubert, Genève: Editions Sonor, 1924.

Bibliographie sur le procès Conradi

Lodygensky Face au communisme: quand Genève était le centre du mouvement anticommuniste international. Dr Georges Lodygensky, Slatkine, 2009

22 ans après son décès, 18 ans après la faillite de l'URSS et de son parti communiste, enfin paraît cet ouvrage témoignant de l'importance et de la justesse de l'action du Dr Georges Lodygensky au côté de l’avocat genevois Théodore Aubert de “L'Entente Internationale contre la IIIe Internationale”

Le procès de Conradi et le rôle du Dr Lodygensky sont longuement détaillés.

La gauche suisse toujours complice des bolcheviks. A l'occasion de la parution du livre de Sophie Pavillon “L'Ombre rouge ”, Domaine Public qui se présente comme indépendant, publie ce courrier de Rémy Python. Evidemment la myopie de la Suisse qui s'opposait à la Russie de Lénine et à l'URSS de Staline, à l'occasion de son adhésion à la Société des Nations en 1934. Myopie et/ou complicité avec l'horreur bolchévik et soviétique? La désinformation systématique de la gauche socialiste et communiste.

Du passé… de gauche faisons table rase

L'organe du PCS de 1926 définit la ligne politique qui fleurit encore en 2008 par la gauche socialo-communiste toujours complices des crimes de l'URSS dès le coup d'état de 1917 fait par Lénine, membre du parti socialiste suisse: culpabiliser la "mauvaise" Suisse, bourgeoise, réactionnaire et pourquoi pas fasciste, qui refusait d'établir de reconnaître diplomatiquement la bonne URSS, “prolétarienne”, ”progressiste” et “anti-fasciste”, “patrie des travailleurs”, "phare du progrès social" qui idolâtre un meurtrier de masse ordonnant d'arrêter et tuer tout ouvrier ou paysan s'opposant au parti!

Petit rappel nécessaire à l'amnésie permanente de la gauche: entre 1917 et 1926, Lénine, le Politburo et sa bande d'assassins étaient responsables de la mort de plus de 8 millions d'êtres humains: guerre civile, assassinats et massacres de masse, déportations, famine, etc… Plus que la Première guerre mondiale!

La propagande pour cacher la réalité d'un gouvernement par la terreur, une terreur contre tous, ouvriers et paysans y compris. Prétendant gouverner au nom des ouvriers et paysans, affublant la Tchéka, la garde prétorienne, du titre pompeux et mensonger de “commission extraordinaire pan russe auprès des commissaires du peuple”, commissaires nommés par Lénine, car ce ne fut, dès le départ, que la police privée de Lénine dirigée par son acolyte de Félix Dzerjinski jusqu'à sa mort suspecte en 1926; faisant de même avec l'armée rouge dite des ouvriers et des paysans, alors que la Tchéka et l'armée massacraient ouvriers et paysans. Cette tromperie a été imposée par la terreur à une Russie qui ne voulait pas des bolcheviks.
A signaler la référence à un livre, «si documenté» "Suisse et Soviets" préfacé par Mathias Morhardt. Le PCS, lui, stigmatise:
- l'expulsion, sous la menace des armes, de la Mission Berzine;
- les tentatives pour empêcher Vorowsky de siéger à la Conférence de Lausanne (sur les Détroits, 1923) et «même de la contraindre à ratifier un acte contraire à sa mission»;
- l'injure du Conseil fédéral considérant le crime de Conradi comme un acte de vengeance personnelle;
- l'envoi de A. Stoutz qui présenta, au nom du gouvernement suisse, ses condoléances à Madame Vorowski et à Diwilkovsky (blessé), mais pas à Arens, pseudo de Isaac Alter, autre agent du Guépéou, blessé. «Pas un mot d'excuse et de regret au gouvernement soviétique». Le Drapeau rouge no 26, 1926

La même complicité continue en 2020 avec la Chine, la Corée du Nord, Cuba, le Vietnam, dont on oublie les régimes communistes, donc ennemis du peuple!

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